Lors d’une des réunions publiques de Puteaux Ensemble V1.0, durant la campagne municipale, nous nous étions amusés à nous projeter dans un Puteaux futur. Victoire ou défaite, le Puteaux du futur arrive. En voyant œuvrer dans mon quartier les réformes de notre maire, après sa victoire difficile en 2008, on peut se demander pourquoi Jowelle, Maire depuis 2002, a tant attendu pour qu’elle fasse rayonner sa politique. Comme j’aime à le dire le « vent du boulet » tiré de « Puteaux Ensemble » et d’une possible opposition unie qui dépasserait les 50 %, a chamboulé le ronron de la dynastie locale et a sorti cette majorité, assise sur ses lauriers, de la léthargie. L’existence d’une opposition est lue et écoutée à Puteaux, voici donc une bonne chose. Qu’on ne dise pas après cela que nous ne voyons que le mal fait partout.
Du coup, mon quartier change. J’habite Lorilleux depuis une vingtaine d’années. L’arrivée d’un brocanteur redonne de la vie à cette partie désertée de la résidence. Le « quartier » revit enfin un peu en attendant qu’on rouvre la halte garderie et la maternelle, enfin tout ce qu’il y avait de service public qui gênerait de la vie et qui fait maintenant défaut au quartier. On s’attaque aussi enfin à la réhabilitation de la résidence, à la remise en état du chauffage.
Et puis ça continue. Frénétiquement madame irait jusqu’à visser les ampoules basses tensions qu’elle nous propose, on n’y avait pas pensé par nous-mêmes, comme si nous ne nous informions pas par d’autres canaux que « Puteaux infos ». Monputeaux.com est d’ailleurs un bon antidote ! Elle protègerait les pelouses de son corps si elle le pouvait, installe des cameras de surveillance comme télé locale, fait la chasse aux déjections canines, la chasse aux scooters (aux sorcieres ?), au stationnement gênant, et tartine même des sandwiches pour venir en aide aux victimes… C’est une boulimie d’interventions, de leçons de morale et de leçons de décoration que l’on avait jamais connu. On passe de la léthargie à l’hyperactivité. Dopage ? Notre Valérie Damidot communale ne ménage pas sa peine. On se croirait presque revenu au temps où la reine Victoria passant dans les quartiers populaires en Irlande : on avait repeint pour elle les façades des masures sur son itinéraire et planqué les miséreux.
Si en surface tout à l’air d’aller pour le mieux dans le meilleur des mondes - sécurité, salubrité, tranquillité- , il faut regarder attentivement non plus la forme mais le fond et l’exécutif. A vouloir intervenir à tout instant, à dépenser sans compter comme John Hammon pour son « Jurassic Park » - et dans le rôle du théoricien du chaos Ian Malcolm : Christophe, bien sûr - , madame le maire, véritable « maire-poule », nous choie comme ses enfants. Rien n’est trop beau, rien n’est trop cher. Une location de toboggan à 60.000 euros pour notre « plage », 15 kilomètres de guirlandes, du taboulé, des soupes, du cinéma et j’en passe. Mais si par malheur vous demandez le coût de fonctionnement de telle ou telle structure, ou de tel ou tel événement, il ne peut pas y avoir de réponse claire et précise, tout le fonctionnement se perdant dans les dédales d’une comptabilité publique digne de la bibliothèque du « Nom de la Rose ». Que notre ville soit belle, plaisante et tout ce qui s’en suit, qui voudrait du contraire ? Pourtant Madame ne gère rien. Les employés territoriaux les plus vertueux doivent lutter sans cesse, quand ils arrivent à rester en poste, pour recadrer chaque pas que Madame fait et pour rester dans le cadre légal.
Pour les employés de la ville, il est plus difficile d’avoir des gommes et des stylos que de commander un appareil de massage. J’exagère à peine ! Ce qui rend difficile de voir cette gabegie honteuse, c’est la richesse de cette ville et une communication très orientée en propagande, le moins d’outils possible est laissé à l’opposition, s’il n’y avait pas ce fichu conseil municipal et ses moustiques de l’opposition.Si la même communication avait été organisée autour des travaux de la Poste principale que « Puteaux plage », on ne verrait pas chaque Putéolien se casser le nez et arpenter tout Puteaux pour retirer un colis ou poster une lettre. Au fait ce n’est pas au même endroit. Je vous laisse découvrir ce nouveau jeu de pistes de l’été. Il y a donc l’événement genre roche de Solutré, et le reste, on n’en a que faire. Et cela va jusque dans ma vie quotidienne: certains employés territoriaux ne prennent plus le risque de me saluer, de venir diner chez moi, sous le simple prétexte que Madame pourrait le savoir. Dingue non ? C’est du vécu.
Soit vous êtes clients de ce système et vous en profitez aisément, soit, sans comprendre d’ailleurs sur quels critères, on ne vous écoutera pas et vous subirez. Madame a ses têtes. Pas de citoyenneté + pas de participation = Pas de démocratie !
Par exemple la propagande faite sur un événement comme la « fête des guingettes » : le jour de la fête de la musique, on en a oublié la vie de quartier citoyenne. Les quelques jeunes gens de Lorilleux qui voulaient un peu d’expression et de diffusion n’ont eu droit qu’à l’autorisation de minuit en bas de leur cage d’escalier, sans autre forme d’attention. Pas de musiques de rues, pas de Rap, pas de racailles à Puteaux ! Dans d’autres villes on appelle ça les « musique actuelles », mais ils doivent être de vilains démagogues. Sans parler, aux dires de mes voisins, de la triste représentation des ateliers de Jules Verne et du niveau artistique très bas. L’expression réduite à peau de chagrin.
Au fils des ans les habitants de Lorilleux ont pris le pli de voir le quartier sans vie et ne plus proposer de projets. Il existait bien une association de quartier, l’AJL (l’association des jeunes de Lorilleux). Où est-elle ? Personne pour reprendre le flambeau ? On a volontairement laissé mourir ces énergies au profit de projets politiques et électoraux comme le Palais de la jeunesse, un levier pour Jowelle. Elle s’est servie d’une association de quartier, l’objectif était ailleurs.
Cahin-caha, le petit train circule dans Puteaux, comme celui de l’interlude de l’ORTF.
(photo : Flickr)
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